TRISTESSE Un jour prochain, je quitterai cette vie-là, Tel un homme au désert fuyant l'ennui des sables. Ce sera comme un cauchemar interminable Qui s'évanouit soudain au tintement d'un glas. Ma vie fut un exil, celui d'une âme errante. Quel feu fou l'a donc consumée en son brasier? N'en survivra qu'un beau regret, associé Aux illusions de mes amours, monnaie courante. Je n'aurai qu'un regret: celui de l'ombre chère Qui veillait dans les nuits pour mon sommeil serein. Tou qui t'exténuais à calmer mon chagrin, Toi te toujours je sentais près de moi, ma mère. Qu'on me prépare un lit de solitude. Mais En forêt, loin de l'homme. Et que dans cette enclave A l'ombre d'une croix une mai pieuse y grave: "Il fut poète. Il a rêvé. Il a aimé." Manuel Antônio Alvares de Azevedo